Prévisions économiques pour 2012
En 2011, les consommateurs ont continué de se désendetter et les entreprises ont réfréné leurs dépenses, face à un effritement généralisé de la confiance. Que nous réserve 2012 ? Voici les recherches récentes de certains des meilleurs stratèges mondiaux.
-Plus de la moitié des 53 économistes sondés par Reuters au début de décembre ont déclaré ne pas s’attendre à ce que la Réserve fédérale américaine lance une nouvelle ronde de détente quantitative (DQ3) en 2012, alors que 26 d’entre eux sont d’avis contraire. Selon ceux qui s’attendent à une intervention de la banque centrale, l’estimation moyenne se chiffrait à 500 G$, qui devrait être principalement sous forme d’acquisitions de titres adossés à des créances hypothécaires. À titre informatif, la Fed a déjà racheté pour plus de deux mille milliards de dollars de titres depuis 2008.
-Les négociants principaux qui traitent directement avec la Fed, en vendant notamment des obligations revendiquées par la banque centrale, s’attendent à ce que la Fed lance un autre important programme de relance.
-Ce que l’équipe économique d’Allianz a déclaré : « Il subsiste un degré de préoccupation anormalement élevé à propos de ce que l’économie nous réserve. Dans le contexte actuel, les perspectives d’un ralentissement de la croissance économique mondiale demeurent élevées. Il faudra de la détermination dans le domaine de la politique économique pour que l’économie mondiale puisse poursuivre son expansion. En raison des liens croissants qui se sont tissés entre les économies au fil des ans, il est également de plus en plus urgent d’améliorer la coordination politique internationale entre les grandes régions économiques du monde et au sein de celles-ci ».
-Voici l’avis des économistes de RBC : « Les risques auxquels l’économie mondiale est exposée sont nombreux; toutefois, en raison des cours historiquement élevés des produits de base, la reprise de la demande aux États-Unis et les efforts déployés par la Banque du Canada pour prémunir l’économie contre les événements en Europe en maintenant une politique accommodante, la croissance du PIB réel devrait se situer autour de 2,5 % en 2012 ».
-Morgan Stanley : « Nous avons accru de 10 % la proportion des actions par rapport au portefeuille de référence et réduit à zéro la proportion des liquidités. C’est la première fois que nous sommes à ce point surpondérés en actions depuis octobre 2008. Voici nos principales justifications : 1) les marchés émergents vont de nouveau supplanter les marchés des pays développés; 2) les sociétés à très grande capitalisation seront privilégiées; 3) les rendements générés par les dividendes versés et leur croissance potentielle 4) il faut rechercher la qualité selon nos meilleurs modèles d’entreprise; 5) l’Asie fera meilleure figure que l’EMEA; 6) il faut participer à l’exploitation aurifère. »
-Au chapitre de la croissance économique mondiale, les services économiques de TD ont ramené à 2,5 % le taux de croissance de l’économie mondiale prévu pour 2012, ce qui est 0,7 % de moins qu’en septembre. TD justifie cette révision à la baisse en invoquant la récession dans la zone euro et le ralentissement de la croissance dans les pays émergents. TD s’attend en outre à ce que la Grèce soit probablement en défaut de paiement dans les six prochains mois, ce qui forcera les dirigeants européens et la BCE à prendre des mesures extraordinaires pour éviter une crise bancaire généralisée et le risque de défaillance d’autres dettes souveraines.
-Au Crédit Suisse, le stratège boursier mondial Andrew Garthwaite « voit l’indice S&P 500 terminer 2012 à 1 340 et réitère ainsi la prédiction faite plus tôt cette année. Cela suppose un BPA de 96 $, ce qui correspond à une croissance annualisée nulle ». De plus, M. Garthwaite et son équipe ont rehaussé la proportion d’obligations de société américaines afin de les surpondérer, tout en demeurant sous- pondéré en obligations traditionnelles. Ils ont également réduit la surpondération des liquidités au profit d’une sous- pondération. L’or demeure en outre surpondéré».
-Goldman Sachs prévoit que le cours du pétrole brut Brent se négociera autour de 120 $ le baril en 2012. Le chiffre avancé n’est dépassé que par celui de CIBC (123 $).
-Le professeur Nouriel Roubini estime à au moins 50% la probabilité d’un éclatement de la zone euro au cours des deux ou trois prochaines années, ce qui pourrait engendrer sans contredit une catastrophe, selon ses propres dires.
-À la Banque de Nouvelle-Écosse, l’équipe chargée de la gestion des devises estime que « le dollar américain demeure relativement robuste face aux autres grandes devises malgré la faible croissance économique, les ajustements budgétaires inévitables et le taux de chômage obstinément élevé. Cependant, une reprise des flux positifs devrait permettre au dollar canadien d’atteindre la parité avec le billet vert pendant le premier semestre de 2012 ».
-Au Canada, le marché de l’immobilier résidentiel montre des « signes classiques de surévaluation, de spéculation et d’offre excédentaire », selon les analystes de Bank of America Merrill Lynch, mais il n’y a pas lieu de craindre un effondrement comme celui qui s’est produit aux États-Unis. Les analystes canadiens de la banque ont ajouté que la dette record des ménages canadiens et la hausse du chômage demeure une source de préoccupation pour l’année à venir. L’équipe s’attend à une baisse des ventes et à un recul de 5 % des prix en 2012.
-Mon opinion: Du côté positif, la majorité des entreprises ont publié des résultats meilleurs que prévus au courant des quatre derniers trimestres. Les sociétés accumulent des liquidités et assainissent leurs bilans, deux facteurs positifs pour le marché boursier à moyen terme. Il est important de se rappeller que nous n'investissons pas dans la dette Grecque mais plutôt dans des societés cotées en bourse. Si ces dernières dégagent de bons profits, éventuellement, le marché boursier reflètera cela.
Pour l'instant, le marché boursier ne semble pas réaliser les bons résultats publiés par les societés cotées en bourse car les investisseurs vivent des insécurités reliées aux problèmes de dette en Europe et au États-Unis. De leur côté, les consommateurs et les entreprises retardent leurs projets de dépenses, d'embauches et d'investissement en attendant que la situation géopolitique soit plus claire, plus prévisible et plus stable. À ce sujet, je crois que des décisions importantes ne sont pas probables aux États-Unis sur le chapitre du déficit avant les élections en novembre prochain. De plus, les négociations avancent à pas de tortue en Europe.
Pour toutes les raisons ci-haut, je m'attend à des marchés positifs pour l'année 2012 mais marqués par beaucoup de volatilité et des progressions lentes.
N'hésitez pas à me contacter si vous aimeriez plus d'informations à ce sujet et j'espère que vous avez apprécié mon article.

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