Marchés baissiers : Que faire?
La notion de placement comporte toujours un espoir de gain couplé à une prise de risque. De 2002 à 2007, les investisseurs ont profité d’une bourse canadienne qui a monté en moyenne de 18% par année. Depuis l’été 2007 toutefois, la tendance s’est renversée.
Les investisseurs doivent s’attendre à avoir des surprises lorsqu’ils vont recevoir leur prochain relevé de placement. Depuis juin 2008, les Bourses mondiales ont baissés de 22% aux États-Unis, de 29% au Canada, de 30% en Europe et de 35% en Chine. Peu importe les choix judicieux de placements effectués, tous les secteurs économiques ont baissé, sans exception. Les indices boursiers se retrouvent maintenant aux mêmes niveaux auxquels ils étaient en fin d’année 2005.
Le « bailout plan » proposé par le gouvernement américain a été accepté jeudi dernier mais la bourse a poursuivi sa baisse en réaction aux données de l’emploi décevantes aux États-Unis.
Que va-t-il se passer au courant des prochains mois?
(Mon Opinion):Je m’attends à ce que des investisseurs nerveux décident de se retirer du marché une fois qu’ils auront reçu leurs relevés de placement de septembre. Si tel est le cas, ceci pourrait créer d’autres pressions baissières en Bourse ou du moins empêcher la bourse de remonter sur le très court terme.
Que devriez-vous faire?
Un investisseur doit toujours respecter ses objectifs et son horizon de placement lorsqu’il prend des décisions. Si vous avez placé des sous en vue de votre retraite dans 10 ans, il ne sert à rien de perturber vos plans basé sur des variations des marchés sur le court terme.
Si vous êtes dans un jet (ACTIONS) à 40,000 pieds d’altitude et qu’il descend à 25,000 pieds, la seule chose qui va vous aider à remonter, c’est ce même jet. Si vous choisissez de sauter dans la montgolfière (CPG) à côté, vous pourrez attendre longtemps avant de retourner au niveau des 40,000 pieds ou même atteindre plus tard les 60,000 pieds.
Warren Buffett aussi a une théorie à ce sujet:
"Don't worry too much about the bad times, because the only time we have to fear them is when we are forced to sell during the bleak periods. If we are not forced to sell, then falling markets shouldn't matter. We should merely keep our shares until they rise again, and we can make profits again”. Warren Buffett
Cliquez ici pour obtenir d’autres citations populaires de Warren Buffett.
Bref, Warren Buffett, le guru milliardaire américain a annoncé dernièrement qu’il investissait $3MM de dollars dans la société General Electric (GE), de $5MM de dollars dans Goldman Sachs en plus d'achat d'actions importants dans UBS Warburg et plusieurs autres sociétés.
Vous vous dites peut-être : "Oui, mais M. Buffett, il est milliardaire, il peut prendre ce risque". C’est vrai, mais il ne faut pas oublier que M. Buffett a fait sa fortune lui-même avec une philosophie de « buy & hold ». En ce qui concerne sa vie personnelle, c’est un célèbre économe. Il est payé seulement 100,000$ dollars chaque année par Berkshire Hathaway, selon son propre choix. Il fait des dons à travers la “Buffett Foundation”, habituellement autour de 12 millions de dollars par an. Il a indiqué son intention de distribuer 99% de sa fortune, après sa mort, pour des bonnes causes (cliquez ici pour voir sa biographie).
Avec les évènements des derniers mois, sa fortune s’est amoindrie d’un tiers, il a perdu des milliards de dollars. Et pourtant, il ne vend pas ses titres en panique. Il attend et fait des achats supplémentaires… à rabais. Si ça fonctionne pour lui, cette logique simpliste peut aussi fonctionner pour nous.
En rétrospective
Ce n’est pas la première fois qu’il y a des perturbations dans les marchés financiers et ce ne sera pas la dernière fois non plus. Je vous montre un tableau ci-bas qui démontre les rendements boursiers pendant et après certaines crises économiques.
Vous pouvez constater que par le passé, les années faisant suite à ces crises ont été très rentables pour les investisseurs patients.


Warren Buffett n’est pas le seul
Un des gestionnaires de fonds mutuels les plus réputés au monde, Peter Cundill, connu pour avoir battu l’indice mondial « MSCI World » de façon régulière depuis 1974 voit aussi les récentes baisses comme une opportunité.
Son fonds d’une valeur de 6.1 milliards de dollars, "Mackenzie Cundill Valeur" (détenu dans Méritage) détenait en date 30 juin 2008 près de 28.5% de liquidités. En date du 31 août, il n'en restait plus que 10.29%.
L'encaisse diminue encore depuis le 1er septembre. Cundill achète des compagnies qui ont beaucoup baissé par la panique, qui ne sont pas reliées aux services financiers et qui ont au moins 50% de leurs ventes à l'extérieur des États-Unis. Il trouve des compagnies qui se vendent à 6-7 fois les profits qui ne seront pas affectées, à son avis, par la crise aux É-U.
Warren Buffett achète des institutions financières américaines tandis que Peter Cundill achète des sociétés qui ne sont pas reliées au secteur des services financiers. Peu importe leur approche, ces deux gurus financiers font des achats.
Quel est le risque de vendre maintenant?
Un autre exemple que j'aimerais vous donner. L'indice S&P500 aux États-Unis a rapporté 11.8% entre 1986 et 2006. Toutefois, des études réalisées par Standard & Poors révèlent que l'investisseur moyen a réalisé un rendement avoisinant les 4.3%. Pourquoi cette si grande différence?
Lorsque les marchés baissent, plusieurs investisseurs découragés liquident leurs placements qu'ils avaient acquis avec un horizon de placement à long terme, se disant qu'ils vont replacer leurs billes lorsque l'économie sera en meilleure condition. Ils vendent donc une fois que la bourse a déjà beaucoup baissé pour ensuite tenter d'entrer de nouveau lorsqu'ils verront une tendance haussière.
En réalité, les investisseurs retournent dans le marché beaucoup trop tard et manquent une bonne partie de la relance boursière, ce qui reflète sur leurs rendements à long terme.
Voir ci-bas trois présentations avec des statistiques à l’appui:
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