Votre revue financière de Janvier 2026
Quand l’or brille et que le pétrole fléchit : l’année de la diversification
L’année 2025 s’est inscrite dans un environnement économique et financier complexe, dominé par des incertitudes persistantes et des ajustements stratégiques majeurs. La conjoncture mondiale a été fortement influencée par les politiques commerciales américaines, marquées par une montée spectaculaire des droits de douane qui ont dépassé 30 % au printemps. Cette escalade protectionniste a ravivé les craintes d’une guerre commerciale prolongée, entraînant des épisodes de volatilité extrême et une des pires semaines pour le S&P 500 depuis 2020.
Malgré ces tensions, l’inflation est restée contenue autour de 3 % aux États-Unis, ce qui a permis à la Réserve fédérale d’amorcer un cycle d’assouplissement monétaire. La Banque du Canada a suivi cette trajectoire, cherchant à soutenir une économie nationale confrontée à un ralentissement et à une montée du chômage, qui a atteint 7,1 % en août. Ces décisions ont contribué à stabiliser les marchés obligataires et à restaurer partiellement la confiance des investisseurs.
Sur le plan des marchés financiers, 2025 a été l’année d’une rotation géographique marquée. Le leadership des actions américaines a cédé la place à des marchés plus dynamiques, notamment le Canada et les pays émergents, qui ont enregistré des gains supérieurs à 30 %. Cette tendance s’est accompagnée d’une faiblesse notable du dollar américain, qui a terminé l’année dans son quartile le plus bas depuis 1980, favorisant les actifs hors USD.
Les matières premières ont également joué un rôle central dans la performance des portefeuilles. L’or a signé sa meilleure performance depuis 1980 avec une hausse de 64,7 %, reflétant la recherche de valeurs refuges dans un contexte de volatilité et d’incertitude géopolitique. À l’inverse, le pétrole a évolué dans un environnement de demande modérée, accentuant la divergence entre actifs cycliques et défensifs.
Enfin, l’année a été marquée par une accélération des investissements en technologies et en intelligence artificielle, notamment par les « hyperscalers*», qui ont annoncé des dépenses record pour 2026. Cette dynamique souligne l’importance croissante des thématiques structurelles dans la construction des portefeuilles, au-delà des fluctuations conjoncturelles.
Ce mélange d’incertitudes et d’opportunités a façonné une année où la diversification est restée la clé pour les investisseurs. Les portefeuilles équilibrés entre actions et obligations ont bénéficié des baisses de taux, tandis que les actifs réels et les marchés hors États-Unis ont offert des relais de performance.
*Les hyperscalers sont de grand fournisseur de services cloud (comme AWS, Google Cloud, Microsoft Azure) qui exploite des centres de données massifs pour offrir une infrastructure informatique extrêmement évolutive.
Revue des marchés au 31 décembre 2025
Revenu fixe
Le marché obligataire canadien (FTSE Univers Obligataire Canadien) a reculé en fin d’année, sous l’effet d’une hausse des taux provoquée par des données sur l’emploi nettement supérieures aux attentes. Sur l’ensemble de 2025, les obligations canadiennes ont généré un rendement modeste de +2,6%, inférieur à celui des deux années précédentes. Malgré plusieurs réductions du taux directeur par la Banque du Canada, les taux à long terme ont légèrement progressé au cours de l’année.
Pour leur part, les obligations de sociétés (FTSE Obligations de sociétés canadiennes) ont affiché un rendement de +4,5 %, également en retrait par rapport aux performances observées en 2023 et 2024.
Marchés boursiers
En 2025, le leadership boursier s’est déplacé hors des États-Unis, illustrant une rotation marquée des performances. Les actions américaines (S&P 5001), avec une progression de +17,9 %, ont nettement sous-performés par rapport aux autres régions, notamment le Canada (S&P/TSX2 : +31,7%) et dans les économies développées (MSCI EAEO1,3 : +31,9%), qui ont enregistré des rendements supérieurs à 30 %.
Au Canada, l’indice S&P/TSX a profité de l’exceptionnelle performance du secteur des matériaux, en hausse de près de 100 %, portée par la flambée des cours de l’or et d’autres métaux comme le cuivre et l’argent.
Pétrole et or
Les cours du pétrole ont reculé en décembre, au quatrième trimestre ainsi que sur l’ensemble de l’année (WTI4 : -21%), pénalisés par une demande mondiale en berne alors que l’OPEP+5 augmentait sa production.
À l’inverse, le prix de l’or1 a connu une progression exceptionnelle, avec une hausse proche de +65 %, soit près de trois fois la performance de l’indice boursier mondial MSCI ACWI1,6.
Devises
En 2025, le dollar américain a connu l’une de ses pires performances historiques, avec une baisse d’environ -10 % pour l’indice DXY1,7. Toutefois, cette dépréciation s’est révélée plus limitée face au dollar canadien. Le huard a tout de même terminé l’année en affichant une avance de +4,8% face au billet vert.
1. Les rendements du S&P500, MSCI EAEO, MSCI ACWI, de l’indice DXY et de l’or sont exprimés en devise américaine
2. L'indice S&P/TSX est l’indice boursier canadien principal mesurant la performance de la bourse de Toronto
3. L'indice MSCI EAEO est un indice boursier visant à mesurer le rendement des marchés boursiers des économies développées autre que celles des États-Unis et du Canada.
4. Le West Texas Intermediate (WTI) Crude oil est le standard nord-américain pour la fixation du prix du pétrole. Le rendement est exprimé en devise américaine.
5. L’OPEP+ désigne l’alliance entre les pays membres de l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP) et dix pays producteurs non-membres, dont la Russie.
6. L’indice MSCI ACWI est un indice boursier visant à mesurer le rendement des marchés boursiers de 23 économies développées, 24 économies émergentes et représente environ 85 % de l’univers mondial des actions investissables.
7. L’indice du dollar américain (DXY) est composé d’un panier de six devises pondérées par rapport au dollar américain. Il inclut l’euro, le yen japonais, la livre sterling, le dollar canadien, la couronne suédoise et le franc suisse.
Perspectives d’investissements
L’année 2026 s’annonce favorable aux investisseurs, malgré un contexte politique et économique toujours incertain. Selon le scénario central de notre bureau chef des placements, la croissance mondiale devrait rester proche de son potentiel (probabilité de 60 %), avec un risque de surchauffe (20 %) supérieur à celui d’une récession (15 %). Les politiques monétaires devraient continuer à soutenir l’activité, la Fed américaine disposant encore d’une marge pour réduire ses taux, sous réserve d’une stabilité du marché du travail. Une hausse du chômage américain au-delà de 4,6 % serait préoccupante. La Banque du Canada, quant à elle, semble avoir achevé son cycle de baisse, ce qui laisse présager des taux directeurs nord-américains stables, sauf surprise majeure.
Quatre facteurs demeurent favorables aux actifs risqués : des banques centrales accommodantes, une croissance résiliente, des bénéfices solides et un momentum positif. Toutefois, la performance relative dépendra davantage des profits, ce qui devrait avantager les États-Unis qui disposent à la fois d’antécédents solides et de perspectives favorables. Le Canada conserve un positionnement robuste, soutenu par ses secteurs cycliques et la faiblesse persistante du dollar américain.
L’intelligence artificielle restera un moteur clé des marchés, mais avec des risques structurels. Les « hyperscalers » devraient atteindre des niveaux record d’investissement en 2026, stimulant la demande dans la construction, les services publics et les matériaux industriels. Cette dynamique pourrait toutefois accentuer les tensions sur l’énergie et raviver des pressions inflationnistes, imposant une vigilance accrue.
Côté classes d’actifs, les actions offrent encore un potentiel intéressant, bien que des corrections ponctuelles soient probables en cas de déception sur les bénéfices ou de tensions commerciales. Les obligations souveraines devraient générer des rendements en ligne avec les taux actuels, tandis que le crédit reste attrayant dans un contexte de faible risque de défaut. L’or, après une année exceptionnelle, pourrait décevoir, alors que le dollar canadien présente un potentiel d’appréciation.
En résumé, 2026 devrait être dynamique, portée par des vents favorables (monétaire, fiscal, technologique), mais ponctuée de défis : incertitudes politiques, risques géopolitiques et volatilité liée à l’IA. Une approche disciplinée, axée sur la diversification et la gestion des risques, sera essentielle pour saisir les opportunités tout en préservant la résilience des portefeuilles.
Nous vous remercions pour votre confiance et restons pleinement disponibles pour échanger sur ces perspectives et vous accompagner dans l’optimisation de votre portefeuille, afin qu’il reflète vos objectifs et s’adapte à l’évolution des marchés.
Cordialement,
Cathy, Guillaume, Marc-Antoine et Inuk
514-871-3474