Votre revue financière de Juillet 2026
Des marchés en quête d’équilibre
Le deuxième trimestre de 2026 s’est inscrit dans un environnement financier plus favorable qu’il n’y paraissait au début de l’année. Malgré les défis rencontrés au cours de la première moitié de 2026, les marchés boursiers ont enregistré de solides gains, appuyés par l’apaisement des tensions géopolitiques, la résilience de l’économie mondiale et l’engouement persistant pour l’intelligence artificielle. Les marchés émergents se sont particulièrement démarqués, notamment grâce à la contribution de Taïwan et de la Corée du Sud, deux économies étroitement liées à la chaîne de valeur des semi-conducteurs.
La principale évolution du trimestre a toutefois été le recul marqué des prix de l’énergie. Après avoir représenté un risque important pour l’économie mondiale, les tensions au Moyen-Orient semblent moins aiguës, tandis que la reprise graduelle du trafic maritime dans le détroit d’Ormuz réduit la pression sur les chaînes d’approvisionnement et sur les prix à la pompe. Cette amélioration retire un vent de face important, sans pour autant éliminer complètement le risque de nouveaux épisodes de volatilité.
Sur le plan macroéconomique, le scénario de base demeure celui d’une croissance près de son potentiel, accompagnée d’une stabilisation des prix des matières premières et d’un ralentissement graduel de l’inflation. Cette dernière devrait néanmoins rester au-dessus de la cible pendant encore un certain temps, ce qui maintient la Réserve fédérale dans une position délicate, d’autant plus que les marchés surveillent de près l’évolution de la politique monétaire américaine.
L’intelligence artificielle continue d’occuper une place centrale dans la dynamique des marchés. La croissance des profits demeure particulièrement vigoureuse chez les entreprises liées aux puces et à la mémoire vive, mais la concentration accrue autour de cette thématique rend les marchés plus vulnérables à toute déception quant au rythme des dépenses d’investissement ou à la progression des bénéfices.
En somme, la première moitié de l’année laisse place à une posture constructive, mais prudente. Le contexte macroéconomique demeure favorable aux actions, mais l’équilibre demeure fragile et exige une attention particulière à l’inflation, à la Réserve fédérale, aux marchés de l’énergie et aux investissements liés à l’intelligence artificielle. Dans un tel contexte, la diversification conserve toute sa pertinence.
Revue des marchés au 30 juin 2026
Revenu fixe
L'univers obligataire canadien a affiché un rendement positif en juin, soutenu par la normalisation des prix de l’énergie, qui a entraîné une baisse des anticipations d’inflation et permis aux taux obligataires de reculer.
L'indice obligataire canadien a progressé de 0,5 % en juin et de 1,9 % au deuxième trimestre, portant son rendement depuis le début de l’année à 2,2 %.
Les obligations de sociétés canadiennes ont également contribué positivement, avec un rendement de 0,3 % en juin, de 2,0 % au deuxième trimestre et de 2,2 % depuis le début de l’année.
Marchés boursiers
Les actions mondiales ont terminé le deuxième trimestre avec des gains considérables, même si la volatilité a augmenté en juin dans les segments les plus en vogue de l’année, notamment les secteurs technologiques.
Au Canada, le S&P/TSX1 a progressé de 0,5 % en juin, de 7,0 % au deuxième trimestre et de 11,2 % depuis le début de l’année, soutenu notamment par la forte contribution du secteur financier qui s’est particulièrement démarqué avec une hausse de 25,6 % au deuxième trimestre.
Les actions américaines ont reculé de 1,0 % en juin, mais le S&P 5002 affiche tout de même un gain de 15,2 % au deuxième trimestre et de 10,2 % depuis le début de l’année.
Les actions internationales des marchés développés (MSCI EAEO2,3) ont progressé de 11,1 % au deuxième trimestre et de 9,8 % depuis le début de l'année, profitant du recul des tensions énergétiques et d'un environnement économique mondial plus favorable.
Matières premières
Les prix du pétrole ont fortement chuté en juin après la signature d’une entente entre les États-Unis et l’Iran, permettant une reprise graduelle du trafic maritime dans le Golfe Persique.
Le WTI4 ($US / baril) a reculé de 22,6 % en juin et de 31,4 % au deuxième trimestre, mais demeure en hausse de 23,2 % depuis le début de l’année.
L'or2 ($US / once) a également subi un recul marqué en juin, avec une baisse de 12,1 %, portant sa performance trimestrielle à -12,7 % et son rendement depuis le début de l’année à -6,7 %.
Malgré l’amélioration récente du contexte énergétique, les faibles niveaux d’inventaires et les tensions géopolitiques sous-jacentes laissent entrevoir un équilibre encore fragile.
Devises
Le dollar américain s’est fortement apprécié en juin, dans un contexte de recalibrage des attentes liées à la politique monétaire de la Réserve fédérale.
L’indice DXY2,5 a progressé de 2,3 % en juin, de 1,2 % au deuxième trimestre et de 2,9 % depuis le début de l’année.
Le dollar américain s’est particulièrement apprécié face au dollar canadien, avec une hausse de 2,9 % en juin et de 3,4 % depuis le début de l’année sur la paire CAD/USD.
À moyen terme, la balance des risques apparaît toutefois plus favorable au dollar canadien, le scénario de base anticipant une appréciation graduelle vers 1,33 USD/CAD d’ici la fin du premier trimestre de 2027.
1. L'indice S&P/TSX est l’indice boursier canadien principal mesurant la performance de la bourse de Toronto
2. Les rendements du S&P500, MSCI EAEO, de l’indice DXY et de l’or sont exprimés en devise américaine
3. L'indice MSCI EAEO est un indice boursier visant à mesurer le rendement des marchés boursiers des économies développées autre que celles des États-Unis et du Canada.
4. Le West Texas Intermediate (WTI) Crude oil est le standard nord-américain pour la fixation du prix du pétrole. Le rendement est exprimé en devise américaine.
5. L’indice du dollar américain (DXY) est composé d’un panier de six devises pondérées par rapport au dollar américain. Il inclut l’euro, le yen japonais, la livre sterling, le dollar canadien, la couronne suédoise et le franc suisse.
Perspectives d’investissements
Les perspectives pour la seconde moitié de 2026 demeurent constructives, mais elles s’inscrivent dans un cadre qui exige plus de sélectivité. L’apaisement des tensions sur les marchés mondiaux de l’énergie améliore les perspectives, tandis que le scénario de référence continue de privilégier une croissance économique près de son potentiel. Le risque défavorable dominant n’est plus principalement celui d’une stagflation, mais plutôt celui d’une surchauffe économique, dans laquelle la croissance demeure présente, mais où l’inflation devient plus problématique.
Cela dit, les investisseurs doivent toutefois garder un œil attentif sur trois grands points de vigilance. Le premier demeure l’inflation, qui devrait ralentir si le recul des prix de l’énergie se maintient, mais qui reste au-dessus de la cible. Le deuxième concerne la Réserve fédérale, alors que les marchés anticipent la possibilité de hausses de taux et que la communication de la nouvelle présidence demeure un facteur d’incertitude. Le troisième touche l’intelligence artificielle, dont les investissements massifs soutiennent les profits, mais augmentent aussi la sensibilité des marchés à une éventuelle déception.
En résumé, l’environnement demeure favorable à une prise de risque mesurée, mais dans une approche disciplinée. La diversification conserve toute sa pertinence, surtout dans un marché où les gains récents reposent fortement sur quelques thèmes dominants, notamment l’intelligence artificielle, les semi-conducteurs et certaines régions boursières plus exposées à la croissance technologique.
Nous vous remercions pour votre confiance et demeurons disponibles pour discuter de ces perspectives et de leur incidence sur votre portefeuille.
Cordialement,
Cathy, Guillaume, Marc-Antoine et Inuk
514-871-3474